Les villages du Luberon : notre lecture du versant nord

Séjour en Provence

Le village de Roussillon, perché sur son éperon d'ocre, versant nord du Luberon

Il existe deux façons de découvrir le Luberon.

La plus connue consiste à emprunter l’itinéraire reliant les villages les plus emblématiques, en faisant étape dans ceux que les guides et les blogs recommandent le plus.

La seconde consiste à prendre le temps. À s’arrêter dans chaque village, suffisamment longtemps pour en ressentir le rythme.

Le versant nord du Luberon possède une identité singulière.

Les villages s’étagent sur les contreforts des Monts de Vaucluse, face à la vallée du Calavon.
Cette implantation façonne encore leur caractère : les ruelles grimpent naturellement vers les hauteurs, tandis que les façades de pierre restituent la chaleur du soleil jusqu’à la tombée du jour.

Ce sont des villages que l’on habite davantage qu’on ne les visite.

Voici notre lecture de ces villages du Luberon, celle que nous partageons avec nos hôtes qui choisissent d’y séjourner assez longtemps pour aller au-delà des premières découvertes.

Gordes et ses alentours

Gordes est classé parmi les Plus Beaux Villages de France et sa réputation n’est plus à faire.

Au soleil couchant, son château Renaissance domine la vallée et révèle toute la beauté du village.
Dès le milieu de matinée, les autocars de visiteurs affluent et les ruelles s’animent.

Ce que l’on remarque moins, c’est tout ce qui entoure Gordes. La commune abrite plus de 400 bories, témoins d’un patrimoine rural remarquablement préservé.
Les bories sont des cabanes en pierre sèche, construites sans mortier, dont chaque pierre tient uniquement par l’équilibre de l’ensemble.

À moins de quatre kilomètres du centre historique de Gordes, le Village des Bories rassemble une trentaine de cabanes, toutes classées au titre des monuments historiques.
La visite permet de mieux comprendre le quotidien des habitants d’autrefois et la manière dont ils vivaient et travaillaient bien avant l’arrivée de l’eau courante.

C’est un lieu qui invite naturellement au calme.
Prenez le temps d’en parcourir les sentiers et d’observer le travail minutieux de la pierre sèche.

Notre conseil : venez plutôt en fin de journée, lorsque les groupes sont repartis. La lumière révèle alors toutes les nuances de la pierre sèche et le silence reprend doucement sa place.

Roussillon et sa couleur

Roussillon repose sur le plus important gisement d’ocre d’Europe.

C’est lui qui donne aux façades leurs nuances si reconnaissables, du jaune lumineux au rouge profond.
Pendant longtemps, l’exploitation de l’ocre a également permis au village de compléter les revenus de l’agriculture.

L’ancienne usine de traitement de l’ocre a fermé ses portes en 1963.
Elle accueille aujourd’hui le Conservatoire des Ocres, une visite que nous recommandons volontiers pour comprendre l’histoire de ce pigment avant de le découvrir dans les paysages.

Le Sentier des Ocres propose deux itinéraires, l’un d’une trentaine de minutes, l’autre d’environ cinquante minutes.
Quel que soit votre choix, la promenade permet d’apprécier toute la richesse des paysages ocreux qui font la singularité de Roussillon. 

Notre conseil : le terrain est irrégulier et les nombreuses marches peuvent compliquer la visite avec une poussette ou pour les personnes à mobilité réduite.

Le jour de votre visite, évitez également les vêtements blancs. L’ocre s’accroche facilement aux chaussures et aux ourlets et ses traces peuvent être difficiles à faire disparaître.

Joucas et Lioux, les deux discrets

Il y a des villages dont on parle peu.
C’est parfois ce qui fait tout leur charme.

Joucas en fait partie. Perché sur les Monts de Vaucluse, face aux falaises d’ocre, il invite à ralentir.
Ses ruelles caladées mènent jusqu’à l’église, tandis que quelques ateliers d’artistes ouvrent leurs portes au fil de la promenade.
On y retrouve une atmosphère paisible, loin de l’effervescence des villages les plus fréquentés.

Le lundi matin, d’avril à octobre, le marché anime discrètement la place du village. Une belle occasion de découvrir Joucas autrement.

Lioux est plus discret encore.
Le village se résume à quelques rues adossées à la falaise de la Madeleine, une impressionnante paroi de près de sept kilomètres de long qui atteint par endroits quatre-vingts mètres de hauteur.

De loin, elle dessine une simple ligne dans le paysage.
De près, elle rappelle toute la puissance des reliefs du Luberon.

Ce sont deux villages que nous recommandons souvent aux hôtes de notre conciergerie lorsqu’ils souhaitent sortir des itinéraires les plus fréquentés.

Ceux qui prennent le temps de les découvrir nous en reparlent souvent. C’est aussi pour cette raison que nous avions envie de vous les faire découvrir.

Falaises d'ocre entre les pins, aux abords de Roussillon dans le Luberon
Champ de lavande et borie en pierre sèche sur le versant nord du Luberon
Escalier creusé dans l'ocre sur le Sentier des Ocres à Roussillon, dans le Luberon
Sentier balisé longeant le mur de la Peste à Cabrières-d'Avignon, dans le Luberon

Cabrières-d’Avignon et le mur de la Peste

Au nord du village, un mur de pierre sèche serpente sur plusieurs kilomètres à travers les collines.
Aujourd’hui, un sentier balisé longe ses anciennes guérites.

Construit au XVIIIᵉ siècle pour tenter d’empêcher la propagation de la peste venue de Marseille, le mur se découvre au fil d’une agréable promenade, à l’ombre des chênes.
Son histoire donne une profondeur particulière à cette balade.

Le village mérite lui aussi que l’on s’y attarde.
Ses ruelles sont paisibles et son vieux château a conservé un caractère authentique, à l’écart de l’animation que connaissent certains villages voisins.

Notre conseil : c’est une balade facile, largement ombragée, idéale lorsque la chaleur rend les villages perchés moins agréables à parcourir. Cabrières-d’Avignon est suffisamment à l’écart pour que l’on y croise souvent davantage de lézards que de visiteurs.

Goult, en haut de la colline

Goult est un peu au milieu de tout, et pourtant on y passe souvent sans s’arrêter.
C’est dommage.

Depuis les hauteurs du village, la vue s’ouvre largement sur la vallée du Calavon et le massif du Luberon.

Les ruelles voûtées conduisent jusqu’au moulin, avant de redescendre vers le Conservatoire des Terrasses de Culture, où les restanques en pierre sèche dessinent encore les pentes façonnées par des générations de cultivateurs.

Goult est un village qui se prête parfaitement à une halte entre deux étapes plus fréquentées : moins d’agitation, davantage d’espace et un rythme plus apaisé.

Notre conseil : venez le jeudi matin, jour de marché. C’est sans doute le meilleur moment pour découvrir l’atmosphère du village et comprendre ce qui fait tout son charme.

Borie en pierre sèche du Village des Bories, à quelques kilomètres de Gordes dans le Luberon

Par où commencer ?

Un village se visite mieux quand on sait à quelle heure y aller.
Et par où y entrer.

C’est une partie de notre métier que l’on ne soupçonne pas toujours.
Nous savons que Gordes devient difficile d’accès après dix heures, qu’un jour de mistral transforme complètement une balade, ou qu’une excellente table se cache à quelques centaines de mètres seulement des ruelles les plus fréquentées.


Au fil de votre itinéraire, nous pouvons aussi vous suggérer un domaine viticole, un producteur ou une adresse qui mérite un détour avant de rentrer.

Nous connaissons ces villages tout au long de l’année, parce que nous les vivons au quotidien. Nous les apprécions autant lorsqu’ils retrouvent leur calme, hors saison et que la lumière révèle une autre facette de leurs paysages.

Que vous soyez propriétaire ou simplement de passage dans la région, n’hésitez pas à nous écrire avant votre arrivée.
Nous serons ravis de vous indiquer par où commencer.